Pickup Artist, à l’école des séducteurs

Je l’avoue, même si je m’y suis intéressée dès l’époque où elles ont été en vogue, les techniques de pick-up artists m’ont toujours parues superficielles. Superficielles, enfin… j’entends par là « pas assez jusqu’au boutistes », disons ne menant qu’à un seul but: passer une soirée avec une fille.

Eh oui, pour être franche, j’étais contre cette attitude anti-spontanéité visant à anticiper les réactions d’une fille au point de « jouer un rôle ».

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Comme quelques uns des piliers des principes de séductions par exemple:

Le Kino: ensemble des actions physiques qu’il vous est possible d’entreprendre sur votre cible.
Le Déni Plausible: possibilité pour votre cible de rationaliser son comportement avec de fausses justifications.
La Friend zone: situation à éviter dans laquelle une femme vous voit comme un ami, et non plus comme un amant potentiel. Classification psychologique particulièrement difficile à défaire.
Le Freeze Out: action de silence radio brusque visant à provoquer des interrogations chez la fille.

À ce moment là mon questionnement intérieur était: les valeurs des pick-up artists sont-elles viables ?

Puis j’ai lu la vision de l’amour d’Erich Fromm dans « L’Art d’aimer », qui a pour postulat que trop heureux de la sensation de laisser-aller jouissif et transcendant, les êtres humains que nous sommes ne connaissent finalement rien de l’amour. Nous confondons le coup de foudre, par essence éphémère et superficiel avec l’amour profond.

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Ça se passe comment au juste ?

Ça se passe comme ça:
1) Un être épris d’amour, de solitude, avide de conquête ou de vanité ressent un désir sexuel.
2) Ce désir sexuel est confondu avec le sentiment d’être amoureux. Il sert à cet être à surpasser une angoisse de séparation. C’est-à-dire que chaque être humain ressentirait une sensation d’être divisé, d’avoir une partie non comblée.
3) Pour se sentir mieux, fuir cette angoisse, il faudrait donc se « remplir ».
4) C’est là qu’intervient l’amour. Cependant certains êtres humains choisiraient une méthode de guérison superficielle, plus rapide et puissante émotionnellement que l’amour pur, toutefois éphémère: le coup de foudre, le sexe.
5) Ils se mettent en couple. Ils sont heureux: ils ont vaincus la séparation, le vide intérieur.
6) Ils se lassent… (The End)
À la page 87, Erich Fromm dit: « Reste que ce genre de proximité s’amenuise avec le temps […] on éprouve le sentiment intense et vivifiant de tomber amoureux, jusqu’à ce que, perdant peu à peu de son éclat, l’expérience s’achève dans le vœu d’une nouvelle conquête […] toujours avec l’illusion que ce nouvel amour différera des précédents »

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Mais quand j’ai lu cette théorie j’ai été interloquée et je me suis interrogée sur la capacité des gens à s’auto-discipliner pour ne s’impliquer en amour que pour aimer véritablement et surmonter ainsi l’angoisse de séparation plutôt que de s’y impliquer superficiellement ?

L’amour est un art n’est-ce pas ? Conclusion pessimiste.

C’est pourquoi de ce point de vue les règles de base des pick-up artists sont très intéressantes et très fructueuses.

Paradoxale mon idée ? En fait pas totalement, je m’explique:

Puisque le risque est de tomber sur une personne dont le cheminement personnel n’est pas encore achevé, autant se préparer: partant des techniques de séduction on parvient à attirer l’attention. Puis utilisant les méthodes de communication on arrive à créer un vrai lien avec la personne. Fonctionnant comme deux personnes attachées et liées le résultat peut donner un début de sentiments.

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L’idée c’est de connaître l’engrenage des choses et de MODIFIER le résultat en MODIFIANT la trajectoire et la connexion. Au lieu de se « laisser porter » par les sentiments violents et incontrôlables et d’attribuer en toute superficialité des qualités idéalisées à une personne en croyant vivre une connexion (perfectible); on pourrait contrôler la communication, le don de soi, le partage réel et la connaissance de notre vrai « être » pour faire durer l’amour et entrer dans une réelle connexion (synergique).

L’être humain est perfectible. Si les autres ne sont pas responsables de nos propres échecs, alors ne comptons que sur nous-mêmes pour la réussite potentielle de nos histoires d’amour.

On peut conduire l’autre à nous aimer mieux, à nous regarder avec plus de profondeur, à porter un intérêt différent à la relation.

D’ailleurs un nombre non négligeable de coachs ont écrit des méthodes pour nous y aider (Kamal Séduction/ Alexandre Cormont).

L’amour existe, c’est les êtres humains qui ne savent pas aimer.

 

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écrit par Anaïs Antihéroïne.

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