N°1 LES IDOLES

En 2014 j’ai créé une page Tumblr, La Persona, afin d’immortaliser un an de pensées…

 

OCTOBRE 2014:

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Elles sont au nombre de trois.
La première s’impose par son succès planétaire. Dans les années 90. Une époque où la musique que tu écoutes définit ton goût vestimentaire, tes idéaux, ta clique, ton système de pensée peut être même… Je venais de naître. C’est pourquoi je ne l’ai découverte que tardivement en 2004, au moment de la compilation de leurs plus grands tubes. No Doubt. Ensuite elle m’a fascinée par son leadership dans le monde de la mode sûrement du à son indépendance et son ambition: créer et non pas représenter. Elle m’a apporté l’instinct de l’authenticité. Deviens ton propre produit, et non celui de la société. Une vraie femme d’affaires, une maman équilibrée. Une femme.

La deuxième je l’ai connue il y a moins de cinq ans, sur un plateau TV. C’est marrant elle avait connu une notoriété mondiale en tant que Top model égérie spéciale de M. Karl Lagerfeld pour la maison Chanel, et moi j’apprenais son existence en tant que chanteuse. Un album aux photographies noir&blanc, tenue correcte androgyne, rebelle à la cigarette, cheveux long décoiffés à la 70s: Here comes my hero. Le son, tout simplement une version auditive des photos de l’album. Parfait. J’ai donc continué de suivre l’histoire de cette icône… La meilleure amie de Pete Doherty a du chien. Le genre de personne qui s’habille comme elle vit. Elle vit comme une révolutionnaire parmis les courtisans. C’est une passionnée qui reste elle même et qui attire par sa singularité d’être cette femme.

La troisième m’est apparue dans un magazine vers 2007, enfin plutôt ses vêtements. Originaux, structurés, j’ai accroché. Mais quand l’année dernière j’ai découvert l’intégralité de ses collections, et l’histoire de sa marque j’ai été conquise, vraiment. Une intelligence, un repère au fil des collections et toujours cette indépendance qui fait toute sa spécificité. Elle fait des formes et des matières des pièces uniques, mémorables. Aujourd’hui je m’apprête à travailler avec elle. Et il est sûr que j’ai accroché à cette femme.

Gwen Stefani — Irina Lazareanu — Laetitia Ivanez.

JE L’AURAI UN JOUR, JE L’AURAI !

Surprotégée. Encagoulée. Blindée.
Je l’ai repéré.
C’ui là là-bas !

Pourquoi, je me demande, pourquoi cherche t-on à entrer en relation avec des gens en brandissant une pancarte de sécurité « anti-risques », « anti-trahison », « anti-dispute », « anti-blessure », « anti-connards », anti… ?
On se blinde de quasi forfaits d’assurance bris de glace, assistance constat, assistance panne zéro kilomètre… j’en passe. Et on scrute en fredonnant presque le slogan de la Maaf « Je l’aurai un jour, je l’aurai ! ». Telle une chasse à l’homme.

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Parce que j’ai été trahie ou parce que l’on m’a menti, alors je n’ai plus qu’une idée en tête: avancer en mode assurance bris de glace et je me faufile, sournoise, aux aguets en épiant chaque signe qui tomberait à côté et au moment où ça mort je me transforme en lionne et je détruis tout sur mon passage, on se croirait à rap contenders…

Bon ou alors je m’éclipse. Il y a plusieurs styles. C’est selon.

Mais en réalité se protéger ce n’est pas être sur la défensive. En vrai, la vraie vérité comme je dis, c’est que l’homme est un loup pour l’homme (donc l’ego appelle l’attaque). Et on attire ce que l’on est. C’est la loi de l’attraction qui prime. Ce qui fait qu’en préparant ma défense à chaque rencontre, j’entre et je fais entrer l’autre dans un cercle sinon malsain, vicieux…

Bon ça part d’un bon sentiment, le désir d’une relation sincère, vraie, sans jeux, etc… Et après ? Pour l’avoir observé ça finit toujours mal. Quand on sent qu’on a besoin de se protéger c’est qu’il faut laisser tomber (se guérir avant toute chose je veux dire).

Le vrai deal c’est de se trouver avec une bonne personne en face de soi. Et là on peut suivre les étapes. Parce qu’on sent qu’il n’y a aucun danger. On se sent bien et on transmet du bien. L’amour c’est pas la guerre. L’amour c’est pas une compétition.

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Chaque chose en son temps.

Si on a inventé les étapes c’est parce que tout a une origine et une destination. Avant d’être attaché, il faut se sentir attiré. Avant de se sentir attiré, il faut avoir été charmé, et avant d’aimer il faut s’attacher.

Si tu ne donnes pas de toi-même, tu ne recevras rien du tout. C’est Erich Fromm* qui l’a écrit. Donc après la loi de l’attraction, la loi du donnant-donnant. Pour lui l’amour a quatre bases:
1) la sollicitude

2) la responsabilité

3) le respect

4) la connaissance

Ainsi si tu vois que l’individu en face de toi ne donne pas de sa personne, abandonne. Ça ne marchera pas.
Si tu te sens forcé de devoir faire attention, d’être sur tes gardes pour ne pas souffrir, d’être obligé d’avoir une longueur d’avance sur l’autre pour « gagner », abandonne.
Tu ne gagneras pas.

* Erich Fromm, L’art d’aimer, belfont, l’esprit d’ouverture, 2015, Paris, p.48-53.

écrit par Anaïs Antihéroïne.

 

BEING COOL

« Cause everything designer,
Her jeans is Helmut Lang, shoes is Alexander Wang
and her shirt the newest Donna, Karan
Wearing all the Cartier frames
Jean Paul Gaultier’s cause they match with her persona

Her pistol go… »

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2005 – 2008.
Adolescente.
Je regarde des clips.
Il y en a certains qui propulsent dans une dimension où le style prime. Je trouve ça beau. Je regarde l’attitude. Et je rêve… Rihanna dans Umbrella, Amerie dans 1thing, Gwen Stefani dans Cool. Et là je me dis: par où on commence ? Ainsi a commencé mon obsession. Une bonne obsession. Je me suis dit que des filles cool à Paris il y en avait énormément alors il fallait ouvrir l’œil.

Observer – Mémoriser – Observer – Mémoriser – Rechercher.

J’aimais pas entrer dans une boutique sans rien acheter donc j’ai entrepris de fouiller sur les sites en ligne. Les sites multimarques du début c’était Shopstyle uk, farfetch entre autres. J’avais même découvert Forever 21, Karmaloop et Uniqlo et je déplorais qu’il ne soit pas possible de se faire livrer en France. J’allais tellement sur internet presque uniquement pour ça qu’un jour sur Facebook j’ai remarqué une pub pour un site multimarques anglais… asos.com.

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Et c’est allé encore plus vite dans ma tête. Une fois majeure j’ai réalisé ce rêve fou de pouvoir m’offrir la garde-robe parfaite à mes yeux. Je ressentais qu’avoir une culture de la mode couplé au fait d’y travailler à 18 ans, ça boostait une personnalité. À ce moment là et à ce moment seulement j’ai fait fusionner ma personnalité intérieure à mon image extérieure. Alors quand tu t’habilles comme tu penses c’est que les gens qui te regardent voient la persona. Ta Persona.

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Ça me rappelle la dernière phrase du couplet d’A$ap Rocky: « Jean Paul Gaultier’s cause they match with her persona ». Ah ok. Donc lui aussi est d’accord avec moi ? C’est ce que je voulais dire sur ma page  La Persona. C’est tout ce que je voulais dire. Notre persona c’est notre aura. Et bien plus qu’une histoire de superficialité en fait, cette obsession du look c’est la recherche de soi. Désirer être cool au moment de l’adolescence c’est le passage obligatoire. Un peu critique mais… on trouve sa route.

Je retiens toutefois que le terme « cool » n’a pas une définition figée. Pour moi cool c’était un mélange de Gwen Stefani (sporty, destructuré, minimaliste, d’inspiration musicale en référence au hip hop et au reggae) avec du Irina Lazareanu, donc dandy des seventies.

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Bon finalement, on peut vraiment tous être cool… quand on a trouvé sa Persona.

écrit par Anaïs Antihéroïne.